Moustapha Limam ChafiLe President Tanja

Juste après la réélection de Mamadou Tanja, auquel les autorités mauritaniennes avaient versé un milliard de francs CFA, entre les deux tours du scrutin présidentiel au Niger, une mission permanente des services de sécurité de Nouakchott, s’installait discrètement, à Niamey.

Elle aura pour mission de suivre, infiltrer et éliminer la Direction des Cavaliers du Changement, mouvement d’opposition armée au régime du Colonel Ould Sid’Ahmed Taya ; un aspect tout aussi décisif consiste à neutraliser, par l’enlèvement ou l’assassinat, Mustapha Ould Limam Chafi, un mauritanien résident à Ouagadougou, contre lequel la justice de son pays, vient de requérir la peine capitale, au même titre que 16 autres leaders ou soutiens importants des tentatives de coup d’Etat de 2003 et 2004. Leur procès continue, à Ouad Naga, près de Nouakchott.  

Le quarteron s’est installé, d’abord, sous le couvert des préparatifs de la visite du Colonel Ould Sid’Ahmed Taya, à l’occasion de l’investiture du Président nigérien. Ensuite, il a bénéficié d’une certaine tolérance, pour entreprendre une tournée de prospection et de recrutement, dans les zones de peuplement arabe et touareg du pays hôte. Ainsi, sous les ordres et en présence du Commissaire Deddahi Ould Abdallahi, le Directeur mauritanien de la Sûreté de l’Etat - contre lequel des plaintes pour actes de tortures sont instruites en Europe – l’équipe s’attardera, notamment, dans les villes de Tahoua et de Tassara.  

Elle se compose de 3 mauritaniens et d’un conseiller israélien, originaire du Maroc, le seul à bénéficier de la protection du passeport diplomatique ;  l’arrivé des quatre individus, sur le sol nigérien date du 15 décembre 2004, par vol de la Royal Air Maroc, AT 281, en provenance de Casablanca. 

Comme en attestent les cartes de débarquement, les numéros des titres de voyages, qu’ils soient de « service », « diplomatique » ou « ordinaire », sont très particuliers et ne correspondent pas aux modèles généralement utilisés en Mauritanie.

 

 

 

1/ Abdelmoumen OULD HAFIDH :

 

Date de naissance : le 20/03/1973

Lieu de naissance : Tamchekett

Nationalité : Mauritanienne

Profession : sécurité

Adresse hors du Niger : DGSE/Mauritanie

Adresse au Niger : S/C Consulat Mauritanie

Passeport n° : F44 23 81/03, ordinaire

Emis par : Sûreté Nationale

Délivré le : 12/11/2003

 

2/ Brahim OULD HASNI

 

Date de naissance : le 17/08/1970

Lieu de naissance : Gharghar ( sic )

Nationalité : Mauritanienne ( en réalité, israélienne )

Profession : sécurité

Adresse hors du Niger : Présidence/Mauritanie

Adresse au Niger : S/C Consulat Mauritanie

Passeport n° : D/00134/04, diplomatique

Emis par : Protocole Mauritanie

Délivré le : 12/1/2004

 

3/ Mohamed OULD BEYA

 

Date de naissance : le 13/07/1963

Lieu de naissance : Boutilmit (sic !)

Nationalité : Mauritaniene (sic !)

Profession : sécurité

Adresse hors du Niger : Présidence/Mauritanie

Adresse au Niger : S/C Consulat Mauritanie

Passeport n° : T 831201/02, service

Emis par : Sûreté Nationale

Délivré le : 21/4/2002

 

Duré du séjour : 14 jours

 

 

4/ Ouhmoud OULD ABDELLAHI

 

Date de naissance : le 10/02/1958

Lieu de naissance : Beni Chahab ( sic ! )

Nationalité : Mauritanie

Profession : sécurité

Adresse hors du Niger : DGSE/Mauritanie

Adresse au Niger : S/C Consulat Mauritanie

Passeport n° : T 514208/ (signe illisible), service

Emis par : Sûreté Nat Mauritanie

Délivré le : 18/8/2003

 

Cependant, certains responsables des Renseignements du Niger sont très embarrassés par cette ingérence et ont élevé, en ce sens, des protestations auprès de l’Exécutif de leur pays, en vain, jusqu’ici. En effet, la délégation mauritanienne, par ses fortes dépenses d’argent et un déficit de pudeur dans la consommation d’alcool et d’autres joies terrestres (en particulier le dénommé Brahim OULD HASNI), aura attiré l’attention et suscité une certaine inquiétude à Niamey, où l’activité des hôtes encombrants se poursuit encore.

 

Des tentatives comparables sont actuellement opérées au Sénégal, au Mali, en Gambie et Guinée Bissau, tous pays dont les polices, à certains niveaux de décision et de terrain, bénéficient de fortes rémunérations de la part des Services de sécurité mauritaniens, à l’insu, parfois, de leurs chefs d’Etat.