LE CADRE
Le village de Chagar Gadel, dans le département de Djonaba, est majoritairement peuplé de descendants d'esclaves, de la tribu Taghat, fraction Idewach.
Il se compose de 2 quartiers de taille inégale et distant l'un à l'autre, d'1 km.
"El Guette", le plus peuplé, est contrôlé par des militants anti esclavagistes de la première heure; certains étaient activistes du Mouvement National Démocratique, puis d'El Hor; aujourd'hui, ils sont proches de l'opposition légale, notamment l'Alliance Populaire Progressiste (APP) et l'Union des Forces du Progrès (UFP).
La direction du second - dénommé Ezarane - revient à des jeunes Hratine , bien encadrés, munis de véhicules tout-terrain et soutenus par les anciens Maîtres, la famille Ehel Cheikh Ahmed Belmaali, dont le prestige spirituel s'étend à tout l'Aftout. Or, environ 25 á 30% des habitants de ce dernier quartier sont solidaires du premier et expriment, régulièrement, des protestations contre l'influence des anciens maîtres, lesquels ont l'appui de l'ex parti au pouvoir (PRDS), de l'administration et des forces de l'ordre.
L'ACTUALITE
L’état, au titre de l'aide alimentaire d'urgence, vient de faire distribuer 12 tonnes de céréales - 6 par quartier, en dépit de leur inégalité démographique. Les Leaders du second - " Ezarane" - ont refusé le partage avec leurs voisins immédiats, leur conseillant d'aller se ravitailler à El Guette, où vivent leurs compagnons de lutte. Les personnes exclues ont refusé d'admettre l'argument.
Le chef de l'arrondissement de Djonaba a été informé et s'est rendu sur les lieux; dès sont arrivée, il ordonna la distribution des vivres suivant la règle fixée par les leaders d'Ezarane, c'est à dire sans reconnaître de part aux "opposants". Ces derniers l'ont empêché d'agir contre leurs droits; il est donc reparti et revint, en compagnie de la Gendarmerie de Magtalahjar, pour accuser ses contradicteurs de l'avoir "battu" et "insulté".
La gendarmerie a décidé de faire arrêter 5 á 6 membres, parmi les familles des protestataires:
Kremi Ould Kremi, paysan
Ramadhane Ould Ely, paysan, ancien soldat
Ahmed Jidou ould Boulkheir, paysan
Boushab ould moussa, Paysan.
Trois autres détenus demeurent inconnus, pour le moment.
EPILOGUE PROVISOIRE
Ces hommes, arbitrairement privés de liberté laissent derrière eux des foyers au bord de la famine. Ils se trouvaient, depuis 3 jours, dans la prison de Magta Lahjar et seront conduits, par la gendarmerie, le matin du 24 août, à Aleg, vers la capitale de la région du Brakna. A leur arrivée, Ahmed Jidou ould Boulkheir et Boushab Ould Moussa, furent libérés sur intervention d’un notable local, dénommé Mohamed Mustapha Ould Nbat.
Plus de quelques semaines après le coup d’Etat du 3 août, les connivences entre l’administration territoriale, les chefs de tribus et le PRDS continuent se peser lourd sur la vie quotidiennes des populations.
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