LA MAURITANIE ADMINISTRATIVE

 

 Il y a de cela quelques jours, nous annoncions l’arrestation de quelques Hratines* dans la région du Brakna et leur mise sous écrou dans la prison civile d’Aleg, suite à un conflit, au sujet de la distribution de l’aide alimentaire d’urgence, entre eux et leurs anciens maîtres, soutenus par l’ex Parti au Pouvoir et l’administration territoriale. 

Ces personnes demeurent incarcérées.  

Au-delà de ses aspects judiciaires, l’incident implique la responsabilité du Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) et celle de l’ONG internationale OXFAM, qui assure le suivi de la distribution des vivres.  Il semble que les deux instances souhaitent faire la lumière sur l’événement, afin de réhabiliter les paysans lésés dans leurs droits.  

Quant au chef de l'arrondissement de Djonaba, Diop Mahmoud,  tout comme les autres donneurs d’ordre - le Maire de Wad-Amour  Mr. Alkhalifa Ould Mohamd Radhi et son Oncle et Mentor Mohamed Yahya Ould Mohamd Radhi - ils semblent avoir pris fait et cause pour les anciens maîtres, en l’occurrence le clan maraboutique des Ehel Cheikh Ahmed Belmaali.  

Mahmoud Diop, l’auteur de l’arrestation abusive, aurait reçu, de cette famille influente, la somme 150 000 UM, pour prix de sa connivence.  

Le chef d’arrondissement de Djonabe était sur le point de retirer sa plainte contre les Hratines de Chegar Gadel mais les notables précités - Alhkalifa et Mohamed Yahya Ould Mohamed Radhi - s’y opposèrent, menaçant de lui faire perdre sa fonction, par une décision du Ministère de l’Intérieur, à Nouakchott, la capitale.  

Les deux susnommés lui dictèrent d’exiger, de l’ensemble du village - les enfants inclus - de lui présenter ses excuses, par une délégation qui se rendrait, dans ce but unique, à Djonabe.  

Les paysans arrêtés ont refusé de satisfaire à cette condition qu’ils jugeaient humiliante ; ils maintiennent leur revendications initiales.  

Il est à rappeler que des cas de partage inégal de vivres, au détriment des populations Hratine ou Négro-africaines relèvent, en Mauritanie, de l’usage admis et ne soulèvent pas d’indignation particulière ; en l’espèce, par exemple, la quantité de 12 tonnes de céréales s’avère nettement insuffisante à couvrir les besoins vitaux d’un villages de plus 2000 habitants, qui survivent dans des conditions précaires, sans répit, depuis tant d’années.  

Lien connexe : http://www.conscienceresistance.org/arestation_haratines.htm

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* Hratines, pluriel de Hartanie (m) Hartaniya (f) terme du Hassaniya, le dialecte arabe parlé en Mauritanie,  désigne les descendants d’esclaves, ou les esclaves affranchis.