Au moment où les consultations se poursuivent afin de constituer, après celui de Dakar, un collectif d’avocats français et européens défenseurs du Président Ould Haïdalla et de ses compagnons de captivité, tous sont désormais inculpés de tentative et de complicité de coup d’Etat. Voici, par les circonstances afférentes, la liste des détenus ; celle-ci n’est pas exhaustive ;  en effet, au moins deux nouvelles arrestations sont signalées à Guérou, le 22 novembre courant. Il est probable que d’autres personnes sont gardées au secret.

 

 

Famille Haidalla :

1- Mohamed Khouna Ould Haidalla, ancien chef de l’Etat, candidat à la Présidence: le 09/11/2003

2- Sidi Mohamed Ould Haidalla, fils aîné du susdit: le 04/11

3- Sid'Ahmed Ould Haidalla, dit Bazra, second fils: 03/11

4- Yakoub Ould Haidalla, neveu du candidat: le 09/11

5- Abdoulaye Barro dit Wazir, cousin en ligne maternelle: le 08/11

 

Collaborateurs du candidat:

  

6- Ismail Ould Amar, député directeur de campagne: le 09/11

7-Cheikh El Mokhtar Ould Horma Ould Bebana, directeur adjoint: le 16/11

8-Ely Ould Sneiba, porte-parole: le 06/11

9- Mohamed El-Hacen Ould Lebatt, directeur du protocole de la campagne Haidalla, membre du conseil d'evaluation et Porte Parole adjoint de Conscience et Résistance: le 09/11

10- Mohamed El-Hafedh Ould Mohamed Vall, dit Haba, conseiller: le 06/11

11- Mohamed Yedhih Ould Breideleil, chargé de la communication: le 06/11

12- Devaly Ould Cheïne, conseiller: le 06/11

13- Saïd Ould Elarby Ould Zergane, chargé de la sécurité: le 17/11

14- Ismael Ould Seigua, garde de corps: le 09/11

15- Cheikh Diko, initiative « Jeunesse pour Haidalla: le 17/11

16- Sid'Ahmed Ould Ahmed Kerkoub: le 09/11

 

Militants, interpellés hors de Nouakchott, la capitale :

 

17- Mohamed Vadel Ould Radhi: le 13/11

18- Abdel Khader Ould Mohamed:  le 13/11

  

Il s’agit de deux volontaires, particulièrement actifs durant la campagne, arrêtés aux environs de Guérou, région de l’Assaba ; ils sont expatriés résidents aux Emirats Arabes Unis.

 

19- Mohamed Lemine Ould Bellamech: le 13/11, à Atar, région de l’Adrar.

 

 

Libérés: 

 

20- Mohamed Lemine Ould Bellameche

21- Moudi Ould Slama 

 

Torturés physiquement :  

 

-Sidi Mohamed Ould Haïdalla, fils aîné du candidat

-Sid’Ahmed Ould Haïdalla, jeune frère du précédent, enchaîné pendant deux jours dans la prison d’Aleg, région du Brakna

-Saïd Ould Elarby Ould Zergane

 

Pris en otage :

 

22- Mohamed Ould Baba, à la place de son frère recherché, Sid’Ahmed Ould Baba.

 

Observations :  

Pour l’instant, l’attention des Services de Sécurité mauritaniens se concentre sur les auteurs d’inscriptions murales, qui ne se sont pas interrompues à Nouakchott. La police politique peine à retrouver plusieurs jeunes activistes de l’opposition radicale.  

Enfin, rappelons que l’élection présidentielle a eu lieu le 7 novembre 2003 ; le candidat de l’opposition, Mohamed Khouna Ould Haïdalla avait été arrêté la veille, ensuite relâché pour permettre au scrutin de se tenir puis, de nouveau, immobilisé. Lui et la plupart de ses collaborateurs se trouvent actuellement à la prison de Beïla, dans les faubourgs nord de Nouakchott, la capitale ; tous sont privés de visite et d’avocats.   

La stratégie du Pouvoir tend à cristalliser, les préoccupations du public et des partenaires de la Mauritanie, sur le seul aspect humanitaire, afin de mieux exposer à l’oubli la cause principale, en l’occurrence le coup de force électoral : en plus de son discrédit intérieur, l’entreprise, menée sans trop de finesse, n’a pas convaincu au-delà des frontières.

 

Conscience et Résistance, le 24 novembre 2003