
Ce compte-rendu se réfère, entre autres sources, à l’article paru, en Arabe, sur le site d’information : www.saharamedia.net
Hier, 30 décembre 2004, à Nouakchott, l’Assembléé Nationale a été la scène d’un échange houleux et pour le moins inhabituel, entre le Premier Ministre ( PM ) Sghaïr Ould M’bareck et ses adversaires députés.
En réponse aux questions des « élus », dans le cadre d’une session ordinaire, le PM avait provoqué la fureur de ceux-ci, lorsqu’il accusa les partis d’opposition reconnus de supporter les putschistes. Ces derniers fustigèrent le gouvernement, en qualifiant son œuvre de « catastrophique » ; selon eux, elle serait « en train de mener le pays au gouffre. »
Les orateurs, en colère, précisèrent que le gouvernement «adopte la corruption comme modus operandi», « ne prête aucune attention aux intérêts des citoyens ni à leur niveau de vie » et «fait basculer le pays vers un tourbillon de violence et de troubles.»
Le premier ministre rétorqua, en substance : «l’opposition ne cherche pas le bien du pays et œuvre, laborieusement, à déclencher une guerre civile.».
En réponse à une apostrophe sur les événements de 1989 et le nécessaire retour des déportés [négro-africains], le PM affirme « l’inexistence de Mauritaniens déportés» ; il ajoute que «les retombées de cette crise sont dépassées» et conclue : «nous ne reconnaissions pas l’existence de Mauritaniens déportés, tous les Mauritaniens sont libres de rentrer chez eux et d’y jouir de la liberté et de la démocratie.»
En réponse à une interrogation sur la destination de milliards empruntés aux institutions étrangères, le PM dit « vouloir assurer son interlocuteur que ces fonds furent dépensés dans la construction d’hôpitaux, l’approvisionnement en eau, l’édification de routes et d’infrastructures. »
Lorsqu’un autre député de l’opposition posa une question relative au monopole qu’exerçait la fédération Nationale des Transports ( FNT )* et ses collectes de taxes à la place des services compétents de l’Etat, le ton monta entre les deux parties. La violente altercation verbale a été suivie par un début de rixe, jusque parmi le public. Ceci entraîna l’interruption du discours du PM, considérablement détaillé et au cours duquel il employa des termes comportant des accusations graves contre l’opposition, qu’il indexa tantôt de «trahison», tantôt d’être «à la solde de l’étranger».
* La FNT est fondée et présidée par Sejad Ould Abeidna, Maire d’Atar, le fief du Chef de l’Etat, dont il est le cousin ; elle fonctionne aussi comme service de renseignements parallèle, sans doute le mieux implanté sur l’ensemble du territoire, grâce à sa vocation routière.