REPRESSION EN MAURITANIE

La santé des détenus militaires et d’opinion de Ouad Naga, grévistes de la faim depuis le 17 mars 2005, se dégrade à un rythme accéléré.

Le 29 mars, le procureur de la république, Abderrahmane Ould Abdy, a reçu leurs proches et épouses, pour leur dire que cette situation ne comporte rien d’exceptionnel et ressortit plutôt de la « routine dans toutes les prisons mauritaniennes » ; il précise qu’« il n'y a pas de raison de s'en inquiéter » d'après lui, tous les détenus, à travers le pays, souffrent des mêmes problèmes. Il conclut, enfin, que « le dialogue est impossible avec des gens qui veulent se suicider par la privation alimentaire ».

Par ailleurs, un nouveau médecin a été affecté à la prison de Ouad Nada. Il ne s’agit, ni plus ni moins,  que du Docteur Colonel Teyib Ould Habiboullah, celui-là même qui supervisait, en 2003, les aspects sanitaires des séances de torture, dans la Base Marine (Direction Générale de la Marine).

Encore deux autres détenus ont été transportés à l'hôpital, il s'agit des capitaines Mahfoudh Ould Beibe et Ahmedou Ould M'bareck.

Les prisonniers, déjà admis à l’Hopital, ont été retournés à leur geôle, sans qu’aucun médicament ne leur ait été administré.

Le 30 mars, les personnes suivantes sont en situation d’urgence médicale :

Commandant: Saleh Ould Hanena, 
Commandant: Mohamed Lemine Ould Waer, 
Capitaine : Ahmed Ould Ahmed Abd, 
Capitaine : Abderrahmane Ould Miny, 
Capitaine : Taher Ould Varwa, 
Capitaine : Sidi Ely Ould Mohamed Vall, 
Capitaine : Ahmedou Ould Mbarek, 
Capitaine : Sidi Mohamed Ould Ne, 
Capitaine : Bode Ould Sidi, 
Capitaine : Mahfoudh Ould Sidi Mohamed, 
Capitaine : Habib Ould Abou Mohamed, 
Capitaine : Mohamed Ould Hamma Vezza. 
Lieutenant : Didi Ould M’hamed, 
Lieutenant : Mohamed Ould Saad Bouh Ould Abd Dayem, 
Monsieur : Arafat Ould Ahmed, 
Monsieur: Sidi Mohamed Ould Hraimou, 
 
La situation de Mohamed ould ahmed ould vall suscite des craintes spécifiques, tant il ne parvient plus à se mouvoir, à cause du manque de soins appropriés aux fractures de ses côtes, consécutives à la torture. 
 
Il importe aussi de souligner que la précarité de la nourriture à Ouad Naga a entraîné la multiplication des cas suivants:
 
-       Hémorroïdes
-       Baisse de la vue, avec risques de cécité irréversible
-       Bourdonnement des oreilles, pouvant conduire à la surdité 
-       Migraines, source d’insomnie
-       Hypotension aiguë et perte de facultés motrices
-       Souffrances dentaires
-       Démangeaisons et troubles dermatologiques, avec présence de poux. 

Rappelons qu’excepté le Capitaine Abderrahmane Ould Mini et le Commandant Saleh Ould Hanena, les 30 autres détenus vivent dans la même pièce, avec interdiction de sortir au soleil et seulement une toilette.

En dépit de l’importance tragique de la question, la classe politique et les média indépendants de Mauritanie observent une exceptionnelle attitude de réserve qu’il importe de relever. Tout se passe comme si les prisonniers de Ouad Naga devaient périr, dans l’indifférence.

Les proches des prisonniers, les avocats et les ONG nationales de défense des droits humains résistent, ainsi, dans un environnement, de peur et d’indifférence, où l’arbitraire s’exerce sans limites ni pudeur.