Le 3 août 2005, des unités de l’armée mauritanienne procèdent à la destitution du Chef de l’Etat, le Colonel Ould Sid’Ahmed Taya, alors en déplacement à l’étranger. Les auteurs de l’insurrection - la 4ème en moins de deux ans - justifient leur acte en réaction à des « pratiques (qui) ont engendré une dérive dangereuse pour l'avenir du pays ».
Le nouveau Conseil militaire pour la justice et la démocratie s’engage à assurer une transition vers des élections libres dont la durée n’excèderait pas 2 ans.
La communauté internationale semble marquer des réserves de principe envers la nature militaire du changement en cours, au moment, où les mauritaniens l’accueillent avec soulagement, après 20 années de népotisme tribal et de violations massives des doits de l’Homme, dont le racisme, la tolérance de l’esclavage et la pratique quasi institutionnalisée de la torture.
Aujourd’hui, plus que jamais encore, des espoirs de rétablissement d’institutions libres et de retour à la concorde civile s’ouvrent devant nos compatriotes. Les partenaires de la Mauritanie doivent contribuer, sans retard ni hésitation inopportune, à les inscrire dans la réalité.
Conscience et Résistance se réjouit de l’événement et attend, avec impatience, la libération des détenus d’opinion - militaires et civils - le retour organisé des réfugiés et exilés, ainsi que l’ouverture d’instructions judiciaires indépendantes sur les crimes de sang et de gestion de l’ère Ould Sid’Ahmed Taya. Ce dernier devrait en répondre, dans son pays d’asile, au nom de le compétence universelle, le nouveau fondement du droit pénal international.
Conscience et Résistance rappelle que la crédibilité du projet de transition du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie reste tributaire de l’engagement de ses membres à ne pas se présenter aux futurs scrutins, ni y prendre parti. Hors de cette condition, le changement du 03 août ne serait plus qu’une permutation prétorienne.
En ces moments historiques, Conscience et Résistance appelle les mauritaniens à aborder leur avenir avec générosité et volontarisme, loin de toute tentation de revanche en veillant à ce que justice soit faite.
Le 4 août 2005
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