Hier, dans la journée à Nouakchott, les journalistes rendent visite à Madame Abderrahmane Ould Mini, arrêté récemment dans la capitale. Abderrahmane Ould Mini est capitaine, membre de la Direction des Cavaliers du Changement, mouvement d’opposition armée.
Répondant aux questions des journalistes, Madame Ould Mini, née Mint Cheikh Sid’El Moctar, leur apprend qu’elle arrive de la brousse, en compagnie de ses 4 enfants, après avoir entendu les rumeurs sur le décès de son mari, suite aux mauvais traitements des services spéciaux. En pleurs, elle demande aux ONG de défense des Droits de l’Homme d’intervenir afin que la dépouille de son époux, s’il est mort, lui soit rendue.
Vers le milieu d’après-midi, la Croix Rouge intervient auprès de la Présidence afin d’obtenir les éclaircissements requis.
En début de soirée et à titre de réponse, Hamoud Ould Abdi, Ministre de l’Information, convoque la presse et s’en prend à l’opposition ; il l’accuse de n’avoir pas condamné le présumé coup d’Etat que le gouvernement mauritanien impute à la Libye et au Burkina Faso. Commentant l’attitude des partis ayant refusé de se rendre à « l’exposé des preuves », il remarque que leur silence vaut assentiment, donc soutien aux putschistes.
A propos de la santé de Abderrahmane Ould Mini, le Ministre, plus cynique que jamais, répondra n’avoir aucune réponse aux « commérages ».
Pourtant, les sources les moins contestables assurent que tous les détenus de la dernière vague ont été torturés au Jaguar, pendant au moins 3 jours. Cet instrument de sévices, importé d’Algérie dans les années 1980, ne laisse pas de traces sur le corps. C’est l’outil idéal aux mains des tortionnaires.