LIBERATION DES ISLAMISTES : NOTRE POSITION
Avant-hier, à Nouakchott, la "justice" mauritanienne décide d’accorder la liberté provisoire à 3 personnalités du courant islamiste-réformiste. Il s’agit de Mohamed Jemil Ould Mansour, élu déchu par décision de l’Excéutif, vice-Président du Parti - interdit – de la Convergence Démocratique (PCD), Docteur Mokhtar Ould Mohamed Moussa, ancien diplomate et Cheikh Mohamed El Hassen Ould Deddew, jurisconsulte de renom international.
Ils avaient été arrêtés, depuis deux mois et demi, dans le cadre de l’enquête sur les prétendues tentatives de putsch ; ensuite, la police les relâchera, avant de les emprisonner et inculper, pour leur implication présumée dans la confection de photos d’actes de tortures, contre des détenus mauritaniens, à l’Ecole Nationale de la Police. Ces témoignages, finalement authentifiés par les victimes lors du récent "procès" des présumés putschistes, sont toujours disponibles sur les sites d’information d’Alakhbar et Isslah.
Conscience et Résistance félicite les 3 personnalités et leur souhaite un prompt retour à la lutte.
Cependant, l’organisation croit devoir entretenir de sérieuses craintes quant à la sûreté personnelle de Cheikh Mohamed El Hassen Ould Deddew, dont l’audience augmentant de plus en plus, inquiète les Services de Renseignements.
Conscience et Résistance appelle l’ensemble des militants mauritaniens de la démocratie à refuser la ligne de rupture que le Pouvoir tente d’imposer dans leurs rangs. Malgré nos divergences philosophiques avec cette famille de pensée, les Islamistes réformistes incarnent une composante structurelle des forces du changement dans notre pays.
Conscience et Résistance exclut de participer à toute démarche ou projet qui supposerait leur mise à l’écart. A leurs côtés, notre combat pour le pluralisme et les libertés restera constant.
Cette mise au point s’adresse, avant tout, à l’opposition légale et partenaires extérieurs, en ces instants de confusion où les appels au dialogue semblent fournir, au système, le prétexte d’une énième tentative de rachat.
Le seul changement, viable en Mauritanie, requiert le préalable d’une alternance au sommet de l’Etat.
Conscience et Résistance 14-2-2005