Lors de son séjour secret de quelques heures au Togo (nuit du 4 au 5 septembre 2004), le Colonel Ould Sid’Ahmed Taya demande et obtient l’accord du Président Eyadama, à un projet d’enlèvement, à Ouagadougou, de Mustpaha Chafi, un expatrié devenu, en quelques jours, l’ennemi public numéro 1 du régime de Nouakchott.  

Le chef de l’Etat mauritanien a donné aux hôtes l’assurance que l’opération serait organisée, sans possibilité d’échec, par les services israéliens, en collaboration étroite avec le Commissaire Deddahi Ould Abdallahi, Directeur de la Sûreté de l’Etat.  

Mustapha Chafi est accusé, par le gouvernement de son  pays d’origine, d’avoir tenté, avec le soutien de la Libye et du Burkina Faso, le renversement du pouvoir par la violence, en juin 2003 et août 2004.  

Le projet prévoit le transfert de la cible, du Burkina Faso vers l’aéroport de Kara dans le Nord du Togo, où l’attendrait un avion spécial pour le ramener à Nouakchott, dans les plus brefs délais.  

Pour ne pas gêner le Togo, la part locale de l’opération serait confiée à l’ex-gendarme de l’Elysée Robert Montoya, un résident français, propriétaire des entreprises de gardiennage et de sécurité, « SAS Togo International » et « Securance International ». La dernière est installée en France. Lié au Conseil Français des Investisseurs en Afrique Noire (CIAN), au MEDEF International (Mouvement des Entreprises de France), au Général Jeannou Lacaze, ainsi qu’aux résidus des réseaux Foccart, Robert Montoya est un ancien des unités d’élite GIGN et  GSPR.  

L’on ignore le coût, même approximatif, de cette dernière expédition, que le Colonel Ould Sid’Ahmed Taya tenait, lui-même, à piloter, accusant ses propres services d’incompétence et de déloyauté.  

Déjà, l’Etat mauritanien et sa périphérie affairiste avaient dépensé, depuis l’été passé, des sommes importantes, notamment auprès des populations Maures et Touareg du Sahel, afin d’intercepter les Cavaliers du Changement, l’Organisation militaire que dirigent les chefs rescapés de l’insurrection du 8 juin 2003.  

D’ailleurs, le soir du mardi 14 septembre 2004, sur Aljazeera, le Ministre mauritanien de l’Information accuse directement la Libye de les abriter; la veille encore et depuis le 20 août, la même interpellation visait pourtant le Burkina Faso. A qui le tour prochain ?  

Le Colonel Ould Sid’Ahmed Taya se maintient au pouvoir depuis le 12 décembre 1984, date de son putsch réussi contre le Colonel Mohamed Khouna Ould Haïdallah. En moyenne, une fois par an, ses polices parallèles ou régulières « découvrent » un complot dirigé contre sa personne.

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