Parlons encore de cette volonté de changement. Ou plus simplement de la volonté d’assainissement. Nombreux ceux qui ont soutenu qu’elle existe. Nombreux ceux qui ont voulu y croire. Encore plus nombreux pourtant ceux qui se réveilleront demain avec le goût amer de la déception.
Ce n’est pas la première fois. Ce ne sera probablement pas la dernière. Le système est ainsi fait. La volonté de bien faire du Président ne porte pas véritablement à conséquence dans la mesure où les segments rigides et obscurantistes du pouvoir tiennent encore les rênes. Le dernier mouvement au sein de l’Armée en est une manifestation.
Nous sommes dans un pays dont les habitants se connaissent. Où il n’y a pas de «secret jalousement gardé». Nous savons tous qui a fait quoi et quel a été le rôle de tel dans tel ou tel malheur qui a endeuillé le pays. Nous n’avons donc pas besoin de donner des noms. Nous pensons juste qu’il est de notre devoir de dire NON.
Non au retour sur scène de ceux qui ont participé au sac moral et économique du pays.
Non à ceux qui ont été les auteurs de la fracture communautaire en Mauritanie.
Non à ceux dont le jeu favori a toujours été de semer la panique dans le cœur des citoyens. Non à ceux qui ont triché dans tout ce qu’ils ont entrepris pour ce pays.
Non à ceux qui nous ont volé notre joie de vivre et notre innocence.
Non à ceux qui ont détourné le projet de démocratisation en prenant en otage un pouvoir qu’ils ont réussi à maintenir dans un état de peur et d’hystérie. En invoquant des complots fictifs et en détruisant les piliers de l’Etat par la mise en accusation des compétences nationales avérées.
NON ! NON ! NON !
Le 6 novembre au matin, la Mauritanie respirait l’air frais de l’espoir. Le lendemain, les électeurs devaient choisir le Président de la République. La campagne électorale qui s’est achevée la veille, avait révélé la grande soif de changement. Même le Président sortant, Ould Taya, a senti la demande. Il a alors promis des lendemains autres.
Le 6 novembre en fin d’après-midi, l’un des candidats, Ould Haidalla, est arrêté. Le risque de voir les élections annulées est évident. Parce que la loi est très claire. Pourtant personne dans l’appareil n’a senti la nécessité de le dire au Président. Devant l’énormité de la situation, Ould Haidalla est relâché trois heures après. L’espérance avait reçu un sérieux coup. Parce que les réflexes étaient revenus.
Au lendemain du 7 novembre, alors que même le PRDS hésite à fêter la victoire, et que Ould Haidalla et ses amis sont en prison, le Président Ould Taya nomme son nouveau gouvernement. S’en était fini des rêves de la veille. Décidément les forces du mal sont très fortes pour lâcher prise.
Oubliée la secousse du 8juin et son cortège de trahisons contenues. Oubliées les promesses de la veille. Oubliées les dangers du moment. Si la nomination de Me Ould M’Bareck et de son gouvernement nous a fait perdre un temps précieux, les derniers mouvements au sein de l’Armée nous ont replongé 15 ans en arrière.
Dommage pour nous. Et pour nos rêves pour ce pays.
MFO