Charte fondamentale de Conscience et Résistance

LES LIMITES

Notre mission est uniquement temporelle : les chapitres de la foi, du culte et du salut futur, appartiennent à l’autonomie de la conscience. L’Organisation poursuit des priorités radicales mais elle n’est pas révolutionnaire ; en cela, elle réfute les utopies meurtrières qui exaltent l’effusion de sang et professent le règne total de la pureté sur terre. Au cours de notre mouvement continuel vers l’équité, trois principes nous guident avec rigueur. Ils certifient l’essence réformiste et séculière de notre idéal.

1- La Liberté : en règle générale, est autorisé, tout acte matériel ou intellectuel, qui n’empiète, concrètement, sur la quiétude des individus. Dans le cadre défini par la loi, les modes d’expression et d’association, pour la promotion des idées et des intérêts, s’exercent sans entrave. La circulation, des personnes et des biens licites, relève de la réciprocité entre Etats. Sur notre territoire, ces facultés sont reconnues aux non-mauritaniens, en situation de séjour régulier. Sauf état de guerre défensive, le législateur les organise mais ne les suspend. Par le suffrage universel, la transparence et le pluralisme dans la compétition, les gouvernés choisissent et révoquent les gouvernants. La Constitution protège l’autonomie syndicale. Le principe de séparation des pouvoirs est intangible.

2- L’Egalité : aucune discrimination fondée sur la race, la religion, le sexe, l’intimité et les opinions n’est admise. L’Etat doit, aux administrés, la prestation du minimum vital en matière de sécurité, d’éducation et de santé. Il évalue et sanctionne la responsabilité de chacun, sur la foi des agissements imputables au libre-arbitre. Il établit les différences statutaires seulement en fonction de l’utilité sociale, qui n’est jamais figée. La jouissance équivalente de leurs droits primordiaux, tels que définis dans les instruments internationaux les plus permissifs, est garantie aux étrangers et mauritaniens.

3- L’Humanité :

- L’accomplissement de la personne guide toute entreprise terrestre. Les expressions du racisme, du fanatisme religieux et de la dictature de classe composent la quintessence dans la négation de l’Homme. La reproduction de ces désastres concentre la synthèse empirique de l’insupportable. Partout, sans retenue, nous la combattons. 

- L’équité circonscrit la mission de l’Etat. Au besoin, contre la société elle-même, nous sommes tenus de la défendre. Elle inspire la confiance mutuelle et la solidarité entre les peuples. Ainsi, en Mauritanie et ailleurs, adoptons-nous, systématiquement, la cause des opprimés face aux oppresseurs. Par-dessus les enjeux de popularité et les pulsions émotionnelles du grand nombre, cette ligne de clivage détermine, en ultime ressort, l’intégralité nos initiatives.

- La République indivisible, tant qu’elle se soumet au principe de l’alternance par le vote pluraliste, demeure, en Mauritanie,  l’archétype de la normalité politique.

- Quels que soient ses identité et fait, la personne mérite le respect absolu de sa vie, de son corps et de son immunité personnelle. L’élimination physique, les mutilations et sévices corporels, les peines dégradantes, la détention sans procès, le chantage et le viol des consciences sont proscrits du champ pénal. Nul ne sera extradé vers un endroit où il encourrait des traitements inhumains ou mortels. Les institutions protègent, sans préférence, les mauritaniens et les résidents. L’Etat n’espionne ses ressortissants et n’attente à la sphère de leur existence intime. Il veille, spécialement, à la sûreté du mineur, y compris contre les abus de la tutelle parentale. Seuls les adultes comparaissent devant les tribunaux. La Justice, indépendante et contradictoire, reconnaît, à toutes les parties, la possibilité du recours.

- A l’instar du génocide, les tueries et le déplacement contraint de populations, commis ou suscités par les agents de l’Etat, durant leur exercice, restent imprescriptibles. La protection diplomatique ne les couvre. Le motif raciste de telles menées en constitue une circonstance aggravante. Leur instigation entraîne une peine maximale et incompressible. Sauf consensus national, l’amnistie, la réparation complète et le pardon des victimes ne la suspendent et n’en atténuent  la rigueur.

-La Mauritanie accueille et protège l’étranger, lorsque son activité pacifique ou ses origines le confrontent à la persécution. Les auteurs impunis d’esclavage, torture, assassinat, crime écologique et commerce de drogues dures ne bénéficient de cet asile.

- La paix ne dure que sur des bases saines. Le maintien de l’ordre, par le despotisme, atteste l’intensité de l’aliénation et prépare le défoulement de la vengeance privée. Devant une nette rupture de la légitimité, en quoi l’autorité centrale se perpétue par la prééminence de la force brute et l’outrage à la dignité humaine, la lutte, déloyale et totale, contre l’usurpateur, est déclarée. En revanche, tant qu’il préserve le fonctionnement de la démocratie, l’Etat détient le monopole de la violence. Sous contrôle du Parlement, il en use, aux fins scrupuleuses d’assurer la suprématie du droit.

 - Sans préjudice des traités et conventions qui réglementent les conflits armés, la résistance, à une agression, caractérise l’unique guerre juste où la Mauritanie investit ses réserves. La défense de notre souveraineté en péril s’opère, sur nos frontières et suite à une belligérance manifeste; elle écarte l’attaque préventive et l’invasion du territoire ennemi. Même minoritaires, nous devons dénoncer, décourager, voire empêcher, par la démoralisation et le sabotage, toute escalade militaire, qui provoquerait les hostilités ou les prolongerait outre la stricte mesure du nécessaire.