Charte fondamentale de Conscience et Résistance

 LES MOYENS

L’instauration de la République, la participation au pouvoir, puis sa conquête, dans les sociétés civile et politique, définissent les étapes antérieures à l’aboutissement de nos idéaux. A cette fin, les projections du Manifeste mobilisent, en permanence, toutes nos facultés. Durant notre marche incessante, vers un futur de concorde, les postures stratégiques et outils d’action dépendent de l’adversité. Des quatre hypothèses envisageables, chacune appelle une orientation appropriée :

1/ L’anarchie: quand la destruction et le désordre se disséminent, au point où l’exécution de la loi faillit, l’entente se disloque et la coexistence se dilue dans la panique générale, l’Organisation rassemble, encadre et entraîne, selon les ressources de la négociation et de la persuasion, les partisans de la paix en justice. Nous ne sommes jamais les protagonistes du chaos et nous tenons, dans cette configuration précise, en dehors de la guerre intérieure.

2/ L’autoritarisme: notre profession de foi non-violente comporte une modération décisive : si la domination reproduit l’atteinte sanglante à la tranquillité des gens, l’obligation morale de l’insoumission  nous sollicite. Face à ce défi extrême, nous entrons dans la doctrine de la « sainte alliance » : par delà les divergences de vision et la provenance des moyens, le pacte civique débouche sur l’accumulation et l’investissement intégral de toutes les énergies contre l’arbitraire. Alors, nous recourons à l’ensemble des « mesures actives », y compris la « déception », l’insurrection armée et l’attentat aux emblèmes de l’iniquité. Ici, nous recherchons et entretenons les concours  extérieurs, notamment auprès des nations libres et, s’il le faut, au delà. 

3/ La transition : elle se caractérise par un contexte ponctuel où l’Autorité, sans implication intéressée de ses promoteurs, gère le passage programmé et précis, vers des élections générales, dont la tenue consacre l’autodétermination des gens. Soit à travers la participation administrative, soit par l’élargissement du consensus, l’Organisation travaille à garantir la crédibilité, l’impartialité et le caractère définitif du processus de retour à des institutions ordinaires.

4/ La normalisation : c’est l’étalon de l’harmonie. Ce stade supérieur dans l’équilibre est atteint grâce au plein exercice des qualités de citoyen. La démocratie pluraliste et l’égalité des chances produisent un optimum d’achèvement dans un univers pacifié. Dés lors, notre relation, aux partenaires sociaux, découlera de leur adéquation idéologique avec nos desseins pour la Mauritanie. Ici, l’Organisation révise les structures et les méthodes, puis les adapte à la possible participation aux instances exécutives de la nation. Ensuite, dés que l’expérience le permet,  elle présente, sous la forme requise par les scrutins, sa candidature au sommet de l’Etat.

 

Le Manifeste des Justes a été adopté par le Congrès Constitutif de Conscience et Résistance, dit « Congrès Habib Ould Mahfoudh », à Ndar, République du Sénégal, le 9 février 2002.