Le 24 Janvier, la télévision Mauritanienne diffusait, dans le cadre de l’émission Hassaniya « Weyil Eummak Yeulwarrani » littéralement « Gare au dernier ! », une parodie des critères d’établissement de l’identité mauritanienne, face aux risques d’invasion venant d’Afrique Noire.
Etaient en scènes, divers candidats a la nationalité, devant un jury de magistrats qui devait reformer l’état-civil du pays ; ainsi il décida de soumettre, a un test, l’aptitude des citoyens présumés ou candidats, a prononcer trois mots caractéristiques de la phonétique Hassaniya et d’une certaine difficulté de prononciation par un non hassanophone : « dhib », « timsah » et « chinguit ».
Le candidat « blanc », donc maure, a pu réussir l’épreuve sans mal ; le second de type négro-africain et représentatif du « péril démographique négre », a échoué, a la fois dans l’énoncé et le sens attribue aux substantifs.
Le juge a donc décide de ne pas lui délivrer les pièces d’identités requises.
L’émission, animée, par le comédien populaire « Ahmed Toutou »-entrevu, rappelons-le, dans le dernier film d’Abderahmane Cissako- a choqué plus d’un téléspectateur, par l’outrance caricaturale et le présupposée, a la fois raciste et xénophobe de sa démonstration.
D’autres plus instruits des opinions de présentateur précisent qu’il voulait justement démontrer la réalité des discriminations ethniques en Mauritanie et aurait reçu l’autorisation préalable de la tutelle.
Par ailleurs, la télévision mauritanienne, en dépit d’un effort remarquable dans le sens d’une libération de la parole publique, sembles-y éprouver quelques rigueurs.
A quand un débat, ou une pièce de théâtre sur l’effondrement de l’Etat, l’institutionnalisation du tribalisme, le reflux du droit et de la compétence, toutes évolutions intervenues suites aux échecs de l’arabisation idéologique, depuis le début au milieu des années 1990 ? Les milliers d’étudiants monolingues, aujourd’hui sacrifies sur l’autel de ce choix hasardeux, apprécieront sans doute l’absurdité et l’ironie d’une entreprise qui les place, désormais, en marge du marche de l’emploi, au profit des diplômés en langues étrangères, notamment le Français et l’Anglais.