Quelques jours seulement après le verdict du procès des présumés putschistes, le soulagement d’avoir évité la peine de mort s’estompe derrière les nouvelles conditions de détention des principaux accusés.  

Des sources concordantes, que corroborent les dernières visites rendues aux prisonniers, soulignent le durcissement du régime carcéral.

Certains d’entre eux sont enchaînés, de nouveau, au pieds et mains ; les brimades, y compris physiques, ont repris ; aucun n’a reçu la visite médicale qu’ils réclamaient tous. Le journal en ligne lakhbar.info, dont la crédibilité est généralement solide, cite le cas du Commandant Habib Ould Abou Ahmed, condamné à 15années  de réclusion ; il aurait perdu connaissance, à deux reprises.  

D’autres souffrent de séquelles de tortures passés.  

Aucune organisation humanitaire n’est autorisée à suivre, de près, la situation des détenus.  La présence périodique de la Croix Rouge est  devenue nécessaire, au moment où la présomption d’un assassinat en douceur pèse sur le sort des suppliciés de Ouad Naga.  

Cette institution et d’autres de même vocation, curieusement discrètes en la circonstance, se doivent se manifester, fermement, sous peine de participer, par omission, à une série de meurtres extra judiciaires.  

Se contenter, ici, des assurances du gouvernement mauritanien, serait une erreur grave, au regard du passif humanitaire et des précédents mortels, dans les prisons de ce pays. Avant Ouad Naga, il y a eu, entre 1988 et 1991, Oualatta et Inal, où périrent des dizaines de militaires, soit des suites de brutalités, soit de maladie et de malnutrition.

Nous aurons averti.