Après recoupements, il semble que l’évacuation sanitaire du Chef de l’Etat, le Colonel Ould Sid’Ahmed Taya soit confirmée ; celle-ci se serait déroulée, la semaine dernière, vers Paris, pour une durée de 48 heures ; dès son retour à Nouakchott, il aurait été littéralement installé sur son fauteuil, pour ouvrir et clore, à la va-vite, le Conseil des Ministres du mercredi 25 février, lequel dura moins de 10 minutes. Ensuite, le patient aurait été mis à l’abri, dans un lieu de repos que certains situent à Keurmacène, dans un campement de chasse de la Majabat Al-Kubra Tour (MKT), société de tourisme, dont le cousin Chrif Ould Abdallahi est propriétaire. Rien, cependant, ne peut confirmer la réalité de cette retraite.
La silencieuse crise de pouvoir déclenchée par le malaise du Chef de l’Etat et son transport aux Urgences de l’Hôpital de Nouakchott, aura permis, à quelques rares proches, de maîtriser l’évènement :
- Madame, né Mint Ahmed Ould Tolba, la régente de fait, qui s’efforce, avec succès, de barrer la route au fils aîné, le capitaine Ahmed Ould Taya ;
- Sid’El Mokhtar Ould Nagy, ambassadeur à Paris et nouvelle ombre de la susdite ;
- Ahmed Ould Taya, le frère, principal gardien du trésor familial, avant que la belle-soeur ne lui dispute le rôle ;
- Mohamed Ould Bouamatou, homme d’affaires et de paille du précédent, point de jonction avec ses deux cousins, Ely Ould Mohamed Fall, Directeur Général de la Sûreté Nationale et Mohamed Ould Abdel Aziz, Commandant du Bataillon de Sécurité Présidentielle.
- Deddahi Ould Abdallahi, chef de la Police Politique, qui dispose, depuis la tentative de putsch du 8 juin dernier, d’une milice recrutée parmi les fidèles.
- Le Commandant Sidi Mohamed Ould Faïda et le Lieutenant-colonel Cheikh Ould Chrouf, les deux chiens de garde au sein de l’armée régulière.
De toute la liste, les membres présents à Nouakchott, se réunissent régulièrement, depuis une semaine, afin de contrôler la situation, en attendant que le Colonel Ould Sid’Ahmed Taya reprenne des forces et se présente, en public, comme l’heureux miraculé d’une énième et fausse rumeur.
Lors de ces conciliabules, dont l’objet principal consistait à brider le débit et le contenu de l’information, il a été évoqué, le remplacement de Monsieur Dieng Boubou Farba (pendant le renouvellement imminent du tiers) à la dignité de Président du Sénat, le successeur constitutionnel du Chef de l’Etat. Des voix s’y sont opposées, affirmant que le personnage serait aux ordres, encore mieux que n’importe quel autre partisan sûr.
Par précaution, il a été décidé d’envoyer hors du pays, en visite de travail, stage ou formation brève, quelques officiers jugés peu fiables. Certaines de ces mesures étaient d’ailleurs préparées de longue date, en prévision d’un éventuel empêchement du Chef de l’Etat.
Enfin, il a été décidé, par ce conseil officieux de la régence, de maintenir, aux niveaux subalternes, toutes les poursuites pour corruption, engagées ces derniers jours contre les « seconds couteaux » du système.
C’est l’occasion de rappeler, à l’opposition dite reconnue, l’inanité de toute participation aux échéances électorales conduite par un régime déclaré illégitime il y a moins de quelques semaines.