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ZEINE OULD ZEIDANE: GOUVERNERUR DE LA BCM

COMMISSAIRE DEDDAHI OULD ABDALLAHI COMMISSAIRE MOHAMED OULD BRAHIM OULD SIYID  Mme AICHA MINT AHMED TOLBA

 

 

Le 8 juin 2003, profitant de la confusion consécutive à la tentative de coup d’Etat, un obscur fonctionnaire de la Banque Centrale de Mauritanie (BCM) dérobe une somme de 40.000 dollars américains.

Après le retour au calme, l’on se rendit compte de la soustraction ; les contrôleurs, eux-mêmes exercés à la fraude, n'eurent aucun mal à remonter jusqu'au coupable ; d'ailleurs, ce dernier reconnut les faits et s'engagea, par écrit, à rembourser l'intégralité de la somme, contre promesse de non poursuites. L’incident aurait dû en rester là mais le Gouverneur de l'époque convoque Yacoub Ould Amar, pour lui faire porter la responsabilité de l’indélicatesse, au motif que l’auteur du vol est placé sous sa hiérarchie directe. Yacoub Ould Amar se retrouve déchargé de tous ses dossiers en cours puis, quelques semaines plus tard, mis en vacances techniques, c'est-à-dire sans affectation ; à ce moment-là, son frère, le député PRDS Ismaël Ould Amar, quittait le parti au Pouvoir, pour soutenir la candidature présidentielle de l’ex Chef de l’Etat, le Colonel Mohamed Khouna Ould Haïdallah.

Quelques semaines avant le putsch du 3 août, Yacoub Ould Amar, profitant des départs volontaires dans les rangs de la BCM, y portait sa candidature ; l'actuel Gouverneur, Zeïne Ould Zeïdane, le retint, pour les besoins d’une commission d'audit ; une fois cette tâche accomplie, il pourrait faire valoir ses droits à la retraite anticipée, avec le traitement conséquent. L’accord est conclu.

Yacoub Ould Amar se consacre à sa nouvelle mission, jusqu’au, jeudi 25 août 2005, quand des policiers le prient de les suivre, au Commissariat Central de Nouakchott ; il s’y trouve, encore retenu.  

La fameuse Commission où il venait d’être coopté venait de découvrir le secret de polichinelle, c’est à dire, la disparition 1.000.000.000 UM (un milliard d'ougiyas) minimum, de l’actif de la BCM; or, dans l’ordre normal des procédures, une somme d’une telle importance, ne ferait l’objet de virements ou de retraits, mêmes successifs, sans l’aval du Gouverneur Zeïne Ould Zeïdane et de son caissier en chef, Yahya Ould Ammou. Celui-ci, dont les liens avec la famille Ould Taya sont de notoriété, reste inamovible depuis tant d’années, en dépit du mécontentement des partenaires multilatéraux qui déplorent, en vrac, la planche à billets, l’opacité de la gestion et la mauvaise volonté dans l’échange des informations sur les mouvements de la BCM. Cependant, aucun élément précis ne permet, pour l’instant, de déterminer la période où ces actes frauduleux étaient commis, ni sous le mandat de quelles directions de la Banque.

Pire, encore, lorsque les avocats du détenu se sont informés, le Procureur les a assurés n’être au courant de la garde à vue ni avoir ordonné l’arrestation de Yacoub Ould Amar.

La rumeur feutrée accuse le Gouverneur actuel de la BCM de corruption active à l’endroit du Commissaire Mohamed Ould Brahim Ould Siyid, l’un des affidés du Directeur de la Sûreté de l’Etat, Deddahi Ould Abdallahi. En effet, le Directeur Régional de la Sûreté à Nouakchott - aurait reçu, du premier, une « enveloppe » substantielle, en contrepartie de la neutralisation de Yacoub Ould Amar, hors de toute procédure judiciaire.

Il est à noter que le détenu est fonctionnaire de la BCM, depuis sa création.

Au delà de l’affaire proprement considérée, il importe d’effleurer, par l’anecdote, la conduite occulte de la Banque Centrale, en particulier durant les dernières années.

Il arrivait, couramment, que la Présidence réclamât un montant quelconque, souvent des devises, pour combler les besoins de campagnes électorales en Mauritanie et dans d’autres pays d’Afrique, ainsi que les dons aux personnalités étrangères ; les ordres venaient aussi de Madame Mint Ahmed Tolba, l’épouse du Colonel Ould Taya, laquelle demandait, parfois, des décaissements de 500.000 à 1 million d’euro, avant d’entreprendre ses déplacements privés à Paris, Rabat, Las Palmas ou Madrid. Quelquefois, de son lieu de séjour, elle envoyait chercher ou se faisait livrer, en provenance de Nouakchott, des compléments de liquidités, dans des valises.

Or, à chacune de ces opérations ultra confidentielles et jamais écrites, l’équivalent du retrait nominal était prélevé et finissait, en partage, entre les décideurs de la BCM et leurs complices au sommet de l’appareil d’Etat ; certaines distributions non équitables faillirent provoquer la guerre ouverte entre les clans.  

L’opération de gonflement de fonds la plus connue, à ce jour, concerne le financement de la campagne présidentielle de Mamadou Tanja au Niger ; pour un 1 million de dollars remis au candidat sortant, le même montant, en euros, sera subtilisé.  

Retiennent également l’attention, transferts récents, vers la France, de 4 millions d’euros, pour le compte de deux frères de Madame le Chef de l’Etat, en sus des dépôts habituels, sur les comptes privés d’Ahmed Ould Taya, le frère aîné du Colonel déchu.