LE REGNE DU COLONEL OULD TAYA

Le 28 avril, à 3 heures 15 du matin, 4 inconnus armés, à bord d’un véhicule tout terrain, de marque Mitsubishi, modèle L 200 à bâche, prennent le contrôle de la compagnie de la Gendarmerie d’Aïoun El Atrouss, chef lieu de la région du Hodh Algharbi. Ce genre de véhicule est généralement utilisé par les officiers supérieurs.  

A leur arrivée, ils neutralisent le premier factionnaire et ligotent les trois autres qui étaient endormis à l’intérieur, avant de prendre possession du stock d’armes légères, de munitions et d’uniformes. Le nombre de fusils dérobés serait de 30.  

Alerté par des femmes témoins, le capitaine Ould Azemrague, assiste à la scène, de loin, sans oser intervenir. Les assaillants se retirent à 3h 30 mn ; ils effectuent un tour en ville, avant de se retirer, sans qu’aucune source ne puisse préciser leur direction.  

Le lendemain soir, un petit aéronef de l’Armée, atterrit à Aiöun ; il transportait des officiers chargés de l’enquête. Le surlendemain, des unités de la première région militaire (Néma) investissent Aïoun, où commencent les fouilles, maison par maison.  

Après avoir cru à une diversion, préparatoire d’une attaque contre Nouakchott ou Akjoujt, les autorités ont fini par conclure à une opération isolée ; elles recherchent, activement, des complicités locales, dans la population civile et les forces armées et de sécurité.  

Des groupes de militaires, envoyés à la recherche des fugitifs sur l’axe Aïoun- Nioro et Aïoun Timberdgha seraient morts de soif, s’ils n’avaient été secourus par des campements de nomades ou des voyageurs motorisés.  

Pendant ce temps, le discours du Chef de l’Etat à Akjoujt, dont certains passages on été jugés esclavagistes, soulève l’indignation des militants des droits de l’Homme et l’embarras du PRDS, parti au pouvoir.  

Les arrestations se poursuivent et touchent les hauts cadres du PRDS, dont le chargé de la communication, Mohamed Abdallahi Ould BELLIL, accusé d’avoir tenté de faire évader son frère, poursuivi par la Direction de la Sûreté de l’Etat.  

Furent aussi interpellés, respectivement, le 29 et le 28 avril, Mohamed Ould Ely El Kory, enseignant de mathématiques et Aminetou Mint Etchfagha, enseignante de biologie, tous les deux à la Faculté des Sciences, de l’Université de Nouakchott.  

Cette dame est retenue en otage, à la place de son époux, recherché par la police politique.  

Enfin, les 32 détenus civils et militaires de Ouad Naga, continuent à subir des conditions de détention difficiles ; deux d’entre eux – commandant Saleh Ould Hanena et capitaine Abderrahmane Ould Mini – restent maintenus en isolement.