OULD TAYA FACE AU TERRORISME INTROUVABLE

 

Ces derniers jours, l’appareil d’Etat mauritanien, à des niveaux de représentation assez élevés, s’est vu contraint d’assumer un rôle de dénégation, de faux et de mensonge politique, d’une teneur exceptionnellement vulnérable ; cette offensive médiatique intervient au moment où le doute s’épaissit, au sujet de l’attaque mortelle de Lemngheity, dans le nord est, un carnage contre une unité de l’armée, que le site électronique du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat ( GSPC) avait revendiquée, par deux fois, confirmant, ainsi, la thèse de Nouakchott. Les rumeurs de coup monté avec les Services de sécurité d’Etats voisins ou d’un acte de banditisme plus ou moins suscité n’ont pas fini d’entretenir l’incertitude, tant le Colonel Ould Sid’Ahmed Taya s’efforçait, depuis deux ans déjà, d’offrir à ses alliés américains, une attestation de porosité de la Mauritanie au terrorisme. N’ayant pu l’obtenir par un attentat quelconque sur le territoire national, ses polices s’évertuent, alors, d’incriminer le courant des Musulmans Réformistes, de liens avec le GSPC et même Al Qaïda, cela sans jamais pouvoir en apporter un témoignage, même minime.  

Ainsi, après des vagues de répression successives, en 2003 et 2004, les leaders de cette obédience furent toujours libérés, sans procès, jusqu’au printemps de 2005 ; là, des dizaines d’entre eux reprendront le chemin des prisons, non sans avoir subi les inculpations les plus graves et été mis sous écrou, à la prison civile de Nouakchott.  

Alors même que l’enquête était close sur une impasse, subitement, la police extrait certains prisonniers, les soumets à des pressions physiques insoutenables et finit par leur soutirer des aveux, à charge contre leurs chefs de file détenus. Le 21 juin, leurs avocats, lors d’une conférence de presse courageuse, ont exposé les dessous, le déroulement, les termes et les protagonistes de la manœuvre, dénonçant alors les abus et failles de l’instruction.  

Or, au lieu de courber l’échine devant l’évidence de la forfaiture, voici que le Ministre mauritanien de l’Intérieur, monte en première ligne, le  24 juin 2005, pour dévoiler le rôle des  principaux inculpés, dans la direction d’une prétendue Jama’a Mauritanienne pour la Prédication et le Jihad, de plans d’assassinats de diplomates occidentaux et de deux personnalités de l’opposition, Ahmed Ould Daddah et Mohamed Khouna Ould Haïdallah, ancien Chef de l’Etat, que cette les accusés avaient pourtant soutenu, lors des élections présidentielles du 7 novembre 2003. 

Le montage s’enfonce encore plus profond dans les abysses de l’invraisemblance, lorsque le Ministre sollicite la confirmation, de son propos, par les fameuses preuves : il ne produit, rien de plus, que des manuels de subversion et de manufacture d’explosifs, disponibles sur Internet.  

Plus tard, au cours de la même soirée sur les média d’Etat, suit un nouveau coup de théâtre, d’une veine identique mais déclinée sous un mode bien moins subtil : Après sa fameuse intervention de démenti à propos des soupçons de décès sous la torture de Madame Zeïnabou Mint Youssouf, le Porte-Parole de la police intervient, une nouvelle fois, pour justifier la mort, le 21 juin, dans le Commissariat de Dar Naïm, du ressortissant guinéen Mamadou Saliou Diallo. Il déclare que le défunt s’était suicidé, durant sa garde à vue, par un mouvement de la tête contre le mur. Il avait été arrêté, quelques heures plus tôt, pour impayé  de créances. 

D’une obscure attaque terroriste, à un projet de complot violent par l’impression de pages, sans omettre le destin irrationnel d’un immigrants qui se donne la mort pour ne pas honorer une dette de 1, 5 euros ( 500 ouguiya ), se déploient le mépris égal de l’intelligence et la renonciation à toute mesure.  

Aujourd’hui, les fraudes électorales, les disparitions suspectes de dignitaires du pouvoir, les faux chiffres de l’économie, les dénégations d’enfouissement de déchets nucléaires, tout, rétrospectivement, suscite, au mieux, le doute, au pire la présomption d’imposture.  

Comme lors du scandale de l’esclave en fuite Jabhallah, Les partenaires de la Mauritanie ont, là, une preuve supplémentaire et aisément vérifiable, de la fuite en avant, d’un système de gouvernement où le mensonge pilote et la peur guide.