Mercredi 31 mai, la question sensible des accords de pêche UE-Mauritanie a fait l’objet d’une conférence de presse, organisée par Marie Anne Isler Béguin et Marie Hélène Aubert, avec Sidi Ahmed Habott, ancien député mauritanien, négociateur des accords de pêche (UE/ACP) et Mohamed Lemine Ould Dadde, membre de l’Initiative Citoyenne pour le Changement (ONG mauritanienne).

Lors de cette conférence de presse, Sidi Ahmed Habott a mis l’accent à la fois sur le passé des accords conclus alors que le pays était soumis à une dictature, et sur la période actuelle de négociation d’un nouvel accord de pêche UE-Mauritanie, alors qu’une vraie démocratie est en passe d’être mise en place.

Selon lui, l’effort de pêche demandé par les européens est beaucoup plus important que l’enveloppe financière d’aide au développement proposée par l’Union européenne à la Mauritanie, en compensation. C’est le principal point de blocage entre les nouvelles autorités du pays et la Commission européenne, pour la conclusion d’un nouvel accord de pêche.

Les intervenants demandent par conséquent que la base des accords soit un partenariat commercial entre la Mauritanie et l’UE, dans lequel la sauvegarde des ressources naturelles sera une priorité. Cela implique notamment le refus par les mauritaniens de navires de pêche géants comme l’Atlantic Down.

"On ne peut accepter le pillage de nos ressources naturelles sous aucun prétexte" a déclaré Lemine Ould Dadde. "Aujourd’hui, nous voulons construire notre pays sur de vraies bases démocratiques et nos ressources naturelles doivent être préservées pour les générations futures. L’exploitation du pétrole et du poisson, deux richesses naturelles mauritaniennes, feront l’objet d’une étroite surveillance et d’une vigilance de la part de la société civile mauritanienne ; un fait sans précédent dans notre pays.". Lemine Ould Dadde a ainsi lancé un appel à l’Union Européenne : "Aidez nous à protéger nos ressources plutôt que de les piller sous prétexte d’aide au développement !".

Marie Anne Isler Béguin, qui s’était rendu en Mauritanie en mars dernier, a conclu : "Certes cet accord de pêche est d’une importance cruciale pour l’avenir de la Mauritanie et de ses ressources halieutiques. Mais il n’est pas moins essentiel que l’Union Européenne, après avoir fermé les yeux pendant quelques 20 années de dictature mauritanienne, assume sa responsabilité et soutienne pleinement le pays dans sa transition vers la démocratie."

 Source: http://www.maib.info/1/article.php3?id_article=390