Après un procès de quelques semaines, la Cour Criminelle du Trarza rend son verdict, dans la garnison militaire de Ouad Naga. Les condamnations à mort n’ont pas eu lieu.
Cependant, 5 sommités du courant islamiste réformiste demeurent en prison , sans jugement, pour delit d’opinion.
Le régime du Colonel Ould Sid’Ahmed Taya vient de reculer, de manière spectaculaire, sous l’effet conjugué des pressions internationales et de la détermination de toutes les forces de la résistance nationale. Le Collectif des avocats de la défense, mérite, ici, un hommage singulier.
La fragilité de l’édifice de la domination se manifeste, ainsi, en toute transparence. Le camp des hommes libres ne saurait en retenir qu’une conclusion pratique :
Le système de pouvoir tribal opère une retraite tactique, afin de gagner du temps et de se recomposer, à l’abri des urgences. Il se sert de la vie des détenus, condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement, en guise de garantie par prise d’otages. Sous ce bouclier, le Colonel Ould Taya et sa parentèle tenteront de reconquérir les forces perdues, pour se perpétuer autant qu’il leur sera possible.
Il importe, à tous les protagonistes du projet démocratique mauritanien, de comprendre le sens de la manœuvre et d’en assumer les constats :
- le Pouvoir ne se réformera pas ; son essence criminelle lui interdit cette faculté.
- Jamais, il n’a été aussi coupé populations et isolé dans son environnement régional.
En termes de projet et de lutte, les conséquences, pour notre camp, coulent de source :
- Tous nos moyens doivent, désormais, concourir, dans leur diversité, à abattre le noyau dirigeant ; celui-ci se compose de la tribu du Chef de l’Etat, des principaux prébendiers et des tortionnaires, mêmes subalternes.
- Il va sans dire que cette phase décisive du combat exclut toute compassion. Il s’agit d’une tension forte et sans répit vers la victoire.
- Il faut que les partenaires de la Mauritanie comprennent et acceptent la « nécessité » de cet effort, pour l’émancipation d’un peuple soumis à 20 ans d’autoritarisme.
Conscience et Résistance 3 février 2005