
Depuis quelques semaines, le Colonel Ould Sid’Ahmed Taya, chef de l’Etat mauritanien, déploie toutes ses relations, pour obtenir une invitation aux Etats-Unis d’Amérique et une audience avec le Président Gorges Bush.
La demande a été expressément remise, aux autorités fédérales, par une délégation ad hoc, sous la conduite du Directeur de Cabinet, Melaïnine Ould Tomy. Au premier abord,Washington ne semblait pas très enthousiaste à recevoir un hôte à ce point controversé, sur des questions aussi sensibles que la torture, l’esclavage et le racisme contre les populations négro-africaines. Dans cette démarche le Colonel Ould Sid’Ahmed Taya se prévaut d’avoir établi et maintenu des relations diplomatiques avec Tel Aviv et fait valoir sa position avancée dans la lutte contre le prétendu « terrorisme au Sahara », alors même que la Mauritanie n’a jamais subi d’attentat.
L’administration Bush n’écarte pas d’accorder une réponse positive. Pour l’instant, ce projet de voyage, recommandé et soutenu par Israël, le Maroc, la Jordanie et le Qatar, est encore au « stade de l’étude », ce qui équivaut à en évaluer les risques politiques.
Une telle visite - en réalité, une véritable entreprise de recyclage de la plus sanglante dictature en Afrique de l’Ouest - nous semble inconcevable, au moment où l’Amérique prétend encourager la démocratisation du monde arabo-musulman.
Les américains noirs y verraient, à raison multiple, une preuve de mépris envers la mémoire de leur souffrance. Ils apprendront que l’hôte de la Maison Blanche tolère l’esclavage de leurs frères, comme il en fit massacrer des centaines d’autres, jetant des dizaines de milliers, sur le chemin du déracinement et de l’exil forcé.
Au moment où ce voyage se prépare, nous invitons nos compatriotes concernés, qui résident aux USA, à se mettre en relation avec les avocats compétents, afin de préparer leurs plaintes, pour crimes de déportation, crimes de disparition et actes de tortures. Les deux premières catégories restent imprescriptibles sur le territoire fédéral.
La procédure étant moins lourde qu’en Europe, n’importe quel conseil peut saisir, les tribunaux, d’une requête en réparation, dès lors que l’auteur et la victime se trouvent sur le sol de tel ou tel Etat membre de l’Union. Les procédures conjuguées de plusieurs justiciables ont davantage de poids.
Les démocrates mauritaniens et leurs amis outre-atlantique devront, en outre, se préparer à une mobilisation sans précédent, notamment à Washington et New York ;
Nous les invitons, tous, à saisir, dés à présent, leurs sénateurs ou députés.